L’Aérotrain de Jean Bertin en 1974 et aujourd’hui

De l’après-guerre aux années 80, la France, loin du déclin technologique et industriel actuel, menait des projets de pointe en matière de recherche et de développement technologique. Dans les années 60, l’un d’entre eux fut l’aérotrain.

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Porté par Jean Bertin, le projet Aérotrain est une marque déposée initialement par la société de l’Aérotrain le . Jean Bertin se consacre à la conception et aux essais de l’aérotrain sur un monorail spécialement construit à cet effet en 1968 dans le département du Loiret (45). Cette portion d’essai était destinée à terme à être intégrée dans la future ligne d’aérotrain qui devait relier Paris à Orléans en 20 minutes. Elle commence dans la commune de Saran pour se terminer dans celle de Ruan. Le départ et l’arrivée de ce monorail disposent chacun d’une plate-forme de retournement. Au milieux du tracé, une plate-forme intermédiaire, la plus grande des 3, sert de zone technique et de bureaux. Elle est située dans la commune de Chevilly.

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C’était sans compter sur le TGV. Rapidement, les industriels comprennent que ce dernier pourra atteindre les mêmes vitesses que son concurrent monté sur des coussins d’air, en utilisant le réseau ferré déjà construit. La mort de Pompidou, en 1974, fervent défenseur du projet de Bertin, sera le coup fatal. À peine quatre mois après sa disparition, le gouvernement annonce discrètement l’abandon du projet le

Fortement affecté par l’abandon du projet Aérotrain, Jean Bertin décède à Neuilly sur Seine le 21 décembre 1975 des suites d’un cancer du cerveau. Il est inhumé le 24 décembre 1975 au cimetière de Monblanc dans le Gers (32).

La plate-forme de Chevilly est toujours présente, mais il ne reste rien de tout le matériel, les locaux de bureaux, ou de l’escalier qui permettait de monter sur la partie supérieure. En effet, le 22 mars 1992, le prototype de l’Aérotrain I80, qui sommeillait dans les restes du hangar de la plate-forme de Chevilly, est totalement détruit dans un incendie (vraisemblablement d’origine criminelle), après l’annonce de sa descente pour l’exposer dans un futur Eco-musée sous la plate-forme de Saran. Fin le hangar de Chevilly et l’épave du I80 HV sont détruits et ferraillés.

Cela ne m’a pas empêché lors d’un passage dans le Loiret chez mon pote Fabrice (pour sa première expérience urbex & photographie avant-après) de retrouver l’emplacement d’un célèbre cliché pris en 1974 de l’Aérotrain Interurbain I80 HV sortant de la plate-forme de Chevilly en direction de Saran.

Aerotrain de Jean Bertin en 1974Aerotrain de Jean Bertin en 2025

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De ce projet il ne reste pas grand-chose de nos jours, si ce n’est que les souvenirs dans l’esprit des plus anciens qui y ont collaboré, comme par exemple Daniel Ermisse, qui a piloté l’engin pendant plus de 10 ans. Il reste également les vestiges de la voie d’essai qui n’a jamais été démantelé car le coût estimé à 13 millions d’euros, constituant une dépense sèche, est jugé prohibitif au regard du peu de désagrément que sa présence au milieu des champs occasionne. Le monorail n’est que partiellement démantelé en , sur une longueur de 120 mètres, pour permettre le passage de l’autoroute A19, ainsi qu’au niveau de la plate-forme de Chevilly où un engin agricole roulant sur la RD 125 heurta un pilier en juillet 2015. Une travée de 20 mètres sera déposée au sol un mois plus tard, ce qui explique son absence sur la photo ci-dessus. La travée est visible aujourd’hui le long du hangar de la plate-forme.

La plate-forme de départ de Saran

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La plate-forme de Chevilly

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La plate-forme d’arrivée de Ruan

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Historiquement…

  • La première photographie prise en 1968 montre l’usine de fabrication des piliers et des monorails en T, situé à l’emplacement qu’occupera plus tard la plate-forme de Chevilly. Le chantier est lancé !
  • La seconde photographie montre la plate-forme de départ de Saran en 1971. On voit distinctement le plateau circulaire qui servait à retourner l’aérotrain.
  • La troisième photographie prise en 1973 montre la plate-forme de Chevilly. En bas à droite de la plate-forme on distingue très bien les bureaux en L, ainsi que le hangar de maintenance sur l’excroissance en haut de la plate-forme.
  • La quatrième photographie montre la plate-forme d’arrivé de Ruan en 1973 également.

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De superbes photos prises au drone sont visibles sur le site de Glauqueland, D’autres photos sont disponibles sur le site de Boreally, ainsi que sur l’ancienne version du site d’Edouard Bergé, ou le site Aerotrain.fr . Voici 2 vidéos d’époques sélectionnées parmi la multitude disponible sur le web, une de l’INA, et une autre tirée d’un reportage anglais où les images d’époques sont très intéressantes. On y distingue très bien la plate-forme de Chevilly.

Ainsi s’achève la visite sur ce site chargé d’histoire. Nous avons regretté de ne pas avoir pu monter sur la plate-forme supérieure afin de prendre quelques photos Avant-Après qui auraient été intéressante. Cela fera peut-être l’objet d’un nouveau défi lors de mon prochain passage dans cette région.

Essayons maintenant d’imaginer que ce projet n’ait pas été avorté par le passé, et qu’il ait suivi son cours jusqu’à aujourd’hui, ce qui permettrait aux vaches Loirétaines et aux badauds de regarder passer des aérotrains sur la plate-forme de Chevilly.

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